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Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion du dévoilement de la Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes – Québécois, notre façon d’être Canadiens

La version prononcée fait foi.

Monsieur Jean-Marc Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne,

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour tracer un portrait du Québec d’hier, mais surtout engager notre Nation vers l'avenir par une déclaration et une démarche d’affirmation collective. Un geste d'affirmation fait au Québec, par le Québec.

Parce que notre histoire est riche, et notre avenir encore plus prometteur.

Parce que nous formons une Nation.

Une Nation qui avance lorsqu’elle s’unit plutôt que lorsqu’elle se divise.

Lorsqu’elle participe au lieu de s’exclure.

Lorsqu’elle construit des ponts avec tous ses partenaires plutôt que d’ériger des murs.

***

Les Québécoises et les Québécois sont le reflet de ce que nos ancêtres nous ont transmis : le seul État majoritairement francophone d’Amérique avec une culture propre et une tradition civiliste.

Une Nation démocratique, libre de ses choix et ouverte sur le monde.

Une Nation inclusive enrichie par les Québécoises et les Québécois d’expression anglaise, dont les actions et les institutions ont contribué à notre développement, d'hier à aujourd'hui.

Une Nation qui reconnaît pleinement l’apport des onze Nations autochtones présentes sur son territoire.

Une Nation qui réunit les talents de celles et de ceux qui ont choisi de s’établir au Québec pour ainsi contribuer à notre prospérité collective et au progrès de notre société distincte.

***

Ce Québec, chacune et chacun d’entre nous le porte dans son âme et dans son cœur.

Cette fierté d’être Québécoises et Québécois, nous la partageons toutes et tous.

Cette fierté, personne n’en a le monopole, parce que le Québec est celui que nous avons toutes et tous construit.

Cette fierté, elle est visible partout et dans tous nos secteurs d’activité.

De nos artistes qui font vibrer notre langue et notre culture ici et partout sur la planète.

Nos entrepreneurs qui prennent des risques pour conquérir de nouveaux marchés.

Nos agriculteurs qui ont contribué au développement de nos régions.

Nos travailleurs d’une compétence et d’une expertise reconnues mondialement.

Nos étudiants, nos chercheurs.

Bref, celles et ceux qui, chaque jour, par leur engagement et leur dévouement, améliorent notre qualité de vie et font rayonner le Québec.

Tous unis.

Unis dans cette volonté d’affirmer ce que nous sommes.

Un Québec qui assume pleinement et sans complexe sa place dans le monde.

Et qui veut contribuer activement et positivement à la fédération canadienne.

Être soi-même, s’affirmer, s’imposer et exprimer ce que nous sommes.

Québécois avant tout.

Parce qu’être Québécois, c’est notre façon d’être Canadiens.

***

Notre parcours a débuté bien avant la formation du Canada en 1867. Notre sentiment national est antérieur à cette date. Il traverse toute notre histoire. D'abord comme Canadiens français, depuis longtemps déjà comme Québécoises et Québécois.

Cette fierté québécoise. Ce sentiment national. Cet attachement national. Cette spécificité qui nous caractérise, elle nous a définis dès l’arrivée des premiers colons français.

Notre histoire est riche de succès, d’espoir, de courage, avec sa part de déchirements, de déceptions, mais aussi d’unité.

Nous, Québécoises et Québécois de tous les horizons et de toutes les régions qui sont arrivés ici depuis plus de 400 ans, avons contribué à bâtir ce pays.

Le Canada fait partie de notre héritage. Nous l’avons façonné par nos valeurs, notre résilience, nos accents et notre vision du monde.

Nous sommes avant tout Québécoises, Québécois, et nous faisons le choix de l'appartenance canadienne. Ce choix, c'est aujourd'hui celui de la majorité des Québécoises et des Québécois.

Pour nous, cette fédération est née d'un pacte entre deux peuples fondateurs, qui depuis sa naissance aurait dû obligatoirement inclure les Premières Nations. Cette vision d'un pacte historique entre les peuples demeure la nôtre. Elle le restera. Le Canada se distingue par sa diversité. Cette diversité, au-delà des individus, doit aussi être celle des nations.

Les Québécoises et les Québécois qui nous ont précédés se sont affirmés afin de préserver notre caractère unique, distinct et spécifique. Ce caractère confère des responsabilités uniques au Gouvernement du Québec. Nous nous plaçons en continuité directe les efforts de celles et ceux qui nous ont précédés.

Aujourd’hui, en 2017, nous voulons accroître la présence et l’engagement du Québec auprès de ses partenaires de la fédération.

Le Canada est perfectible et nous voulons continuer à l’améliorer, notamment à la suite de l’épisode inacceptable, aux yeux du Québec, du rapatriement unilatéral de la Constitution, en 1982. Depuis cette date, le Québec et le Canada ont changé. Nous avons fait des gains : une jurisprudence qui reconnaît notre caractère distinct. Un accord historique sur l'immigration. La reconnaissance de notre Nation par la Chambre des communes.

Notre économie s'est développée en se modernisant. Notre société, plus prospère, demeure la plus équitable au pays. Et cette solidarité nous définit aussi.

Nous voulons faire résonner encore davantage la voix du Québec partout au Canada.

Nous voulons accompagner les peuples autochtones afin que leur spécificité soit aussi reconnue.

Nous resterons aux côtés de la francophonie canadienne hors Québec et des gouvernements qui la soutiennent.

C’est pourquoi, à l’occasion du 150e anniversaire de la fédération, notre gouvernement présente la première politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes.

Pour mieux s’écouter. Se comprendre. Se respecter. Et prospérer ensemble.

Parce que notre choix est clair : nous sommes Québécois avant tout, et c’est notre façon d’être Canadiens.

Lors d'une éventuelle reprise des pourparlers constitutionnels qui suivra une compréhension renouvelée du sens de notre union, nous répéterons que nos demandes historiques demeurent d'actualité. Elles l’ont toujours été, et le sont encore.  D'ici là, nous saisirons toutes les occasions de faire avancer le Québec au sein de la fédération et dans le monde.

***

À travers les époques et dans une ambiance mondiale teintée de protectionnisme et de repli, la fédération canadienne est pour nous un pacte, un modèle plurinational qui accorde l’espace requis pour promouvoir et préserver notre différence québécoise.

En cette année du 150e anniversaire de la fédération, il est important de rappeler que notre vision du pays demeure celle de ce pacte fondateur, modifié sans notre consentement en 1982.

Comme tous les Québécois, je suis fier de notre spécificité et du fait qu’aujourd’hui, la majorité des Québécoises et des Québécois, dont le Français n'est pas la langue maternelle, parlent le français, notre langue officielle.

Ce caractère unique du Québec donne à notre gouvernement, comme à ceux qui nous ont précédés, la responsabilité d’agir afin de promouvoir le seul État à majorité francophone d’Amérique.

Cette action se situe notamment dans la valorisation du modèle d’accueil que nous choisissons : l’interculturalisme. 

Un modèle qui s’assure de l’équilibre entre l’ouverture à la diversité et la continuité, la vitalité du caractère distinct et francophone du Québec. Plutôt qu'une forêt éparse, un tronc vivant, fort, auquel viennent se greffer toutes les identités qui veulent le faire grandir avec nous.

Un modèle que j’ai déjà évoqué à plusieurs reprises et que nous formaliserons sous peu par une politique présentée par notre gouvernement.

***

La Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes a comme objectif d’accroître notre présence sur la scène canadienne en favorisant un dialogue avec la société civile, les gouvernements et les peuples autochtones.

De saisir toutes les occasions pour promouvoir la vision d’un fédéralisme plurinational et de faire progresser le Québec dans la fédération canadienne et dans le monde.

Nous espérons notamment faire évoluer certaines de nos grandes institutions nationales, telle la Cour suprême, et mieux encadrer le pouvoir fédéral de dépenser dans des domaines qui sont de notre compétence exclusive.

De prôner l’équilibre des différences, soit l’unité dans la diversité reconnue.

Un fédéralisme plurinational qui ajoute à la diversité  individuelle, le complet reflet de la diversité collective.

Notre vision de la fédération canadienne s’appuie sur un certain nombre de principes :

  • la reconnaissance de la Nation québécoise;
  • le respect des compétences du Québec;
  • l’autonomie;
  • la flexibilité et l’asymétrie;
  • la coopération et les ententes administratives;
  • les institutions communes représentatives.

Le moment venu, une reconnaissance adéquate de la Nation québécoise devrait ainsi concrètement s’illustrer dans des garanties constitutionnelles qui doivent découler des cinq conditions formulées dans le cadre de l’Accord du lac Meech comme préalables à toute adhésion du Québec à la Constitution. Ces demandes ont traversé les années, car elles s’inscrivent directement dans la vision qui est à l’origine même du compromis fédératif.

D'ici là, nous saisirons toutes les occasions de faire avancer le Québec.

Cela dit, il importe de rappeler ceci : la Constitution ainsi que les négociations visant à en modifier le contenu doivent être perçues comme le point d’arrivée du dialogue que nous proposons aujourd’hui, et non comme son point de départ.

Le Québec poursuivra également le renforcement de ses relations internationales, notamment en appliquant la pratique amorcée par Paul Gérin-Lajoie au moment de la Révolution tranquille.

Notre gouvernement développe actuellement de nouvelles relations avec ses partenaires, notamment à Cuba, en Chine, au Sénégal et en Israël. Il consolide et développe ses représentations aux États-Unis, notamment à Silicon Valley, Houston et bientôt Philadelphie.

Nous sommes présents au sein de 26 représentations réparties dans 14 pays sur 5 continents.

Notre diplomatie en est une d’actions et de résultats.

Nous parlons de notre propre voix et nous occupons la place qui nous revient sur l’échiquier mondial, notamment avec les pays de la Francophonie.

C’est le Québec du 21e siècle qui prend forme.

Un Québec fier. Qui s’affirme. Qui prend sa place. Qui joue son rôle au Canada et dans le monde.

Être Québécois, c’est notre façon d’être Canadiens.

C’est la vision du Québec qui rassemble le plus de Québécoises et de Québécois, et c’est notre gouvernement qui la mettra en application.

Monsieur Fournier va maintenant vous donner plus de détails sur cette politique.


Mise en ligne : 1er juin 2017


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