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Réponse aux mesures protectionnistes américaines Le Québec doit accentuer et diversifier ses partenariats commerciaux pour réduire l’incertitude économique

Québec, le 3 juillet 2018. — Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a convié aujourd’hui à une troisième séance de travail des intervenants des milieux gouvernemental, municipal, patronal et syndical, trois négociateurs en chef du Gouvernement du Québec, Raymond Bachand, Pierre-Marc Johnson et Raymond Chrétien, ainsi que des acteurs des industries agroalimentaire, culturelle, forestière, de l’aluminium et de l’acier, donnant ainsi suite à l’intention du Gouvernement du Québec de déployer tous les efforts nécessaires afin de lutter contre l’incertitude économique engendrée par les décisions protectionnistes injustifiées de Donald Trump et la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Cette rencontre visait à faire le point sur le contexte économique mondial et les relations commerciales du Québec, notamment en ce qui concerne les tarifs imposés par les États-Unis aux industries de l’aluminium et de l’acier, la gestion de l’offre, l’exemption culturelle et le secteur des produits forestiers.

Le premier ministre a notamment profité de l’occasion pour réitérer l’importance, autant pour le Québec que pour les États-Unis, de réduire cette incertitude économique en accentuant les partenariats commerciaux plutôt qu’en les affaiblissant. Alors que les économies québécoise et américaine sont fortement intégrées, la stabilité des relations politiques et économiques permettra en effet de maintenir la confiance des investisseurs de part et d’autre de la frontière. Dans un contexte où la concurrence mondiale est de plus en plus vive, l’ouverture des marchés va de pair avec la compétitivité et la croissance économique du Québec et des États-Unis.

Lors de ses récentes missions à Washington et à New York, le premier ministre a d’ailleurs rappelé aux élus et aux représentants de l’administration américaine, dont le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, que les mesures protectionnistes des États-Unis ont des conséquences directes sur nos économies respectives. À titre d’exemple, pour chaque emploi que les mesures tarifaires permettraient de créer dans les secteurs de l’aluminium et de l’acier aux États-Unis, il est estimé que ce sont seize emplois dans d’autres secteurs de l’économie américaine qui seront perdus.

Citations :

« Au Québec, environ 12 000 entreprises entretiennent des liens d’affaires avec les États-Unis. L’aluminium québécois, par exemple, est un intrant indispensable aux principales chaînes de valeur nord-américaines, notamment celles de l’aérospatiale, de la défense, de l’automobile et de l’agroalimentaire, entre autres par la défense sans compromis de la gestion de l’offre. Ces chaînes de valeur ont permis à l’Amérique du Nord de devenir l’espace économique le plus compétitif et innovant au monde. Au moment où la concurrence mondiale est de plus en plus vive, les mesures protectionnistes imposées par l’administration Trump à nos industries défient la logique économique, freinent les investissements et l’innovation, et entraînent de l’incertitude des deux côtés de la frontière. Nous devons donc lutter ensemble contre ce protectionnisme américain, en collaboration avec le gouvernement fédéral, et poursuivre la mobilisation des partenaires du Québec afin de maintenir la compétitivité de secteurs clés de notre économie, de défendre nos travailleurs et de protéger l’ouverture de nos marchés. »

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

« Pour défendre pleinement les intérêts du Québec, nous devons atténuer les effets des mesures protectionnistes pour nos travailleurs et nos entrepreneurs. C’est pourquoi nous avons bonifié le programme ESSOR pour les entreprises des secteurs des produits forestiers, de l’aluminium et de l’acier, et nous poserons des gestes pour favoriser l’achat local. Par ailleurs, l’ouverture des marchés européen et canadien et, éventuellement, l’ouverture du marché asiatique par l’entrée en vigueur de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste offrent à nos entreprises des occasions de diversifier leurs marchés d’exportation et, ainsi, d’être moins dépendantes de leurs échanges commerciaux avec les États-Unis. »

Dominique Anglade, vice-première ministre, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique

« Grâce à notre fort réseau de représentations aux États-Unis, nous avons bâti des alliances politiques et économiques dans le but de faire valoir les intérêts du Québec. Ces initiatives, jumelées aux séances de travail comme celle d’aujourd’hui, permettront assurément de mobiliser les alliés du Québec dans des dossiers d’une importance capitale pour la prospérité et la compétitivité de l’espace économique nord-américain. Récemment, notre gouvernement a proposé aux Québécois un plan d’action évolutif, qui s’adaptera à la situation économique actuelle et qui comporte deux types d’actions : dénoncer le protectionnisme américain et atténuer les effets des mesures imposées aux entreprises par l’administration Trump. »

Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie et ministre responsable de la région des Laurentides

Faits saillants :

  • Deux tables rondes, réunissant le Gouvernement du Québec et des représentants des milieux municipal, patronal, syndical, agroalimentaire, culturel et forestier, se sont tenues en juin et en octobre 2017. Animées par le négociateur en chef du Québec dans le cadre des négociations visant à moderniser l’ALÉNA, Raymond Bachand, et en présence de Raymond Chrétien, négociateur en chef du Québec pour les dossiers du bois d’œuvre, du papier journal et d’imprimerie, de l’aluminium et de l’acier, ces rencontres ont permis de poursuivre les discussions au sujet notamment de l’ALÉNA, du bois d’œuvre, de la gestion de l’offre et des industries culturelles.
  • Le Gouvernement du Québec a annoncé, en juin 2018, une modification au programme ESSOR afin de soutenir les transformateurs québécois des industries de l’aluminium et de l’acier qui pourraient nécessiter une injection de liquidités à court terme en raison de la décision de l’administration américaine d’imposer, depuis le 1er juin 2018, un tarif de 10 % sur l’aluminium et de 25 % sur l’acier que le Canada exporte aux États-Unis.
  • Le Gouvernement du Québec condamne sans réserve les gestes protectionnistes de l’administration américaine et, à ce titre, appuie la décision du gouvernement fédéral d’imposer des mesures de représailles sur les importations des États-Unis, de même que de contester les tarifs américains devant les instances de l’ALÉNA et de l’Organisation mondiale du commerce.
  • Les contre-mesures adoptées par le gouvernement fédéral le 1er juillet 2018 visent les exportations américaines au Canada, qui pourraient atteindre 16,6 milliards de dollars, dont environ 1,6 milliard de dollars au Québec. Elles comprennent des tarifs de 25 % sur certains produits d’acier et de 10 % sur des produits d’aluminium et d’autres produits de consommation. Ces tarifs seront maintenus tant que les tarifs américains resteront en vigueur.

En 2017, la valeur totale des échanges commerciaux entre le Québec et les États-Unis s’élevait à près de 92 milliards de dollars. Les exportations québécoises vers le marché américain se chiffraient alors à plus de 60 milliards de dollars. Cela représente 71 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Québec vers l’étranger, et fait des États-Unis le premier partenaire commercial du Québec à l’échelle internationale.

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Mise en ligne : 3 juillet 2018


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