Gouvernement du Québec

Premier ministre

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22 octobre 2017Rencontre avec des employés de Bombardier Avions commerciaux



Transcription

(Échange hors micro entre le président de Bombardier et le président d’Airbus)

Michel Leblanc (président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain) : Alors, merci à nos deux présidents. Pour le mot de la fin, j’inviterais à la tribune le premier ministre du Québec, monsieur Philippe Couillard, à venir prononcer le mot de clôture.

(Applaudissements)

Philippe Couillard (premier ministre du Québec) : Merci, merci! Bonjour, Mesdames, Messieurs, Monsieur Leblanc, Monsieur Enders, Monsieur Bellemare, Monsieur le Premier Ministre Pierre Marc Johnson qui, je crois, est avec nous, mes collègues du Conseil des ministres, avec moi, Monsieur le Maire de Montréal, également. Plaisir de vous revoir!

Hier, j’étais au Québec, mais loin d’ici. J’étais au nord de Havre-Saint-Pierre, à La Romaine. Et j’ai actionné l’interrupteur de la nouvelle turbine de la centrale La Romaine, qui est un complexe – comme on a l’habitude de le faire, au Québec – extraordinaire. Et ce que je ressentais devant les travailleurs, l’équipe d’Hydro-Québec, devant ce paysage immense qu’on a réussi à modeler, mais à préserver en même temps, c’est beaucoup de fierté; beaucoup de fierté d’être québécois, devant cette réussite.

Mais c’est la même chose, également, que j’ai ressentie lorsque j’ai constaté qu’au Québec, on avait conçu et qu’on rassemblait le meilleur avion au monde dans sa catégorie. C’est ça qu’on a fait! Et lorsque – je me souviens – on a eu la commande de Delta, je me souviens qu’à l’Assemblée nationale, on avait sorti un moniteur de télévision dans le corridor, pour voir décoller le premier avion – je crois que c’était à Mirabel, d’ailleurs – aux couleurs de Delta, et on était tous tellement fiers! Alors, c’est ce sentiment que je veux refléter aujourd’hui.

Il faut répéter que c’est le génie québécois qui a pensé et conçu cet appareil… qui en a fait le meilleur avion de sa catégorie. Et c’est, aujourd’hui encore, le génie québécois qui, en partenariat avec Airbus, va conquérir la planète. On va, ensemble, chercher des nouveaux marchés, des nouveaux clients, des nouvelles occasions d’affaires qui feront rayonner ce formidable joyau qu’on a conçu ici, chez nous.

The CSeries is unmatched in its category: an aircraft built for a 21st century economy. It was created, now assembled, here in Québec. And Mister Enders, we are very proud of this, in Québec. And the strategic partnership with Airbus will allow the CSeries program to reach new highs to conquer this market that we were just discussing here. And you mentioned some figures that obviously are quite attractive.

[La CSeries est inégalée dans sa catégorie : c’est un avion conçu pour l’économie du 21e siècle. Il a été créé, puis assemblé ici, au Québec. Et Monsieur Enders, nous en sommes très fiers au Québec. Et le partenariat stratégique avec Airbus va permettre au programme de la CSeries d’atteindre de nouveaux sommets pour conquérir ce marché dont nous venons de parler. Et vous avez mentionné des chiffres qui sont très intéressants.]

Le partenariat, à l’époque, que de notre gouvernement – et M. Bellemare y a fait allusion – a conclu avec Bombardier – et il faut le répéter, hein! On va le répéter! –, c’était le bon, au bon moment et, surtout, au bon endroit. Je vais me permettre d’affirmer ici, devant vous, que n’eut été de cette décision – et je salue la mémoire de mon collègue maintenant disparu, Jacques Daoust –, on ne serait pas ici, parce qu’il n’y aurait pas de programme CSeries et qu’on serait en train de réparer notre secteur aéronautique québécois ici, à Montréal.

Je veux souligner le leadership d’Alain Bellemare, les équipes de Bombardier, les travailleurs qui sont, également, comme les gens d’Hydro-Québec, des créateurs et des gens formidables.

Our government decided to partner with the CSeries to unlock the full potential of the aircraft. It was completed not only for a company: for our industry as a hole, for our economy and, above all, for our workers and their families.

[Notre gouvernement a décidé d’établir un partenariat pour la CSeries afin de débloquer le plein potentiel de l’avion. Cela a été réalisé non seulement pour une entreprise, mais aussi pour l’industrie dans son ensemble, pour notre économie et, par-dessus tout, pour nos travailleuses et travailleurs ainsi que leurs familles.]

Notre objectif, comme Alain l’a dit, ça a toujours été de trouver un partenaire stratégique. Dès le début, on l’a dit! La vocation d’un gouvernement, ce n’est pas – on va s’entendre là-dessus – ce n’est pas d’être un manufacturier d’avions; c’est d’être un agent économique. Et c’est le rôle qu’on a joué ici. On voulait un partenaire fiable, un partenaire qui tient parole, dont la culture d’entreprise pourrait se marier à celle de l’équipe de la CSeries, encore une fois, pour nos travailleurs, pour nos emplois. Et c’est pour ça qu’on est intervenus. Et on est intervenus à deux reprises maintenant… deux reprises pour le secteur et pour les travailleurs : d’abord, en faisant cet investissement et, ensuite – parce qu’on avait fait l’investissement, on avait le pouvoir d’accepter ou de ne pas accepter la transaction –, en acceptant la transaction, compte tenu de l’immense potentiel qu’elle recèle pour le Québec.

On peut dire bien des choses de notre gouvernement, mais nous tenons le cap. On tient le cap, même quand il y a de la vague; et on tient encore plus le cap quand il y a de la vague. J’ai entendu, il y a quelques jours, quelqu’un me dire, à Québec, qu’on avait payé trop cher pour les employés, pour les emplois de Bombardier et de sa CSeries. Je ne crois pas, parce que chaque dollar est un dollar bien investi.

En Airbus, on a trouvé ce partenaire, donc, qui va mettre en valeur l’appareil formidable, faire confiance à notre expertise et faire confiance aux travailleurs d’ici – et je pense que c’est important de le dire –; un partenaire qui s’intéresse à ce que le Québec peut offrir dans plusieurs secteurs. J’espère que M. Enders va les découvrir, ces secteurs, avec nous : l’intelligence artificielle, le numérique, le manufacturier innovant et les autres également. Airbus est ici pour rester, pour faire du Québec, du Canada une nouvelle destination pour les activités de l’entreprise. Et on a entendu tantôt – je pense qu’il faut le dire, également, entre nous, les Québécois dans cette salle –, on est heureux, rassurés de voir le programme se poursuivre, mais il y a un petit pincement au cœur aussi, parce qu’on avait ce rêve de voir Bombardier et la Série C devenir un géant de l’aéronautique. Mais on se rend compte de la réalité du marché, les forces extrêmes qui sont appliquées sur ce marché. Et on a fait un bien meilleur choix de cette façon-là pour l’avenir de notre économie et du secteur de l’aéronautique. Il faut se rappeler toujours que l’aérospatial, c’est dans notre ADN depuis le début du 20e siècle.

The history of Québec’s aerospace industry can be traced back to the beginning of the 20th century. Born in Iowa, Laurence Jerome Lesh family has moved to Montréal in 1907. This is five years of the Wright brothers’ first flight. The 14 year old Laurence made Canada’s first flights in Montréal, flying a self-made glider; a biplane glider pulled by a horse, an automobile, and even a motorboat over the St. Lawrence River. Today, we have 40 000 jobs related to the aerospace industry here in Québec, a wonderful cluster – and Madam Benoît is with us today – and the greater Montréal – it should be said again – constitutes the third world capital of aerospace. Seventy percent – seven zero – 70% of RNT research in Canada is done here, in Québec.

[L’histoire de l’industrie aérospatiale du Québec remonte au début du 20e siècle. Né en Iowa, Laurence Jerome Lesh et sa famille ont déménagé à Montréal en 1907. Ça, c’est cinq ans après le premier vol des frères Wright. Âgé de seulement 14 ans, le jeune Laurence a effectué les premiers vols à Montréal, avec un planeur qu’il avait lui-même fabriqué; un planeur biplan qui était tiré par un cheval, par une automobile, ou même par un bateau à moteur, au-dessus du fleuve Saint-Laurent. Aujourd’hui, 40 000 emplois sont reliés à l’industrie aérospatiale au Québec, nous avons aussi un formidable forum – Mme Benoît est d’ailleurs avec nous aujourd’hui – et le grand Montréal – nous devons le dire, encore une fois – constitue la troisième capitale mondiale de l’aérospatial. Soixante-dix pourcent – sept zéro – 70 % des recherches RTN au Canada sont faits ici, au Québec.]

Il y a deux cents entreprises – des maitres d’œuvre, des équipementiers, des intégrateurs, des fournisseurs – qui gravitent autour de ce secteur. À Montréal, ici, on le voit, on le sent. Montréal, Monsieur le Maire, vit ses plus beaux jours! On l’a écrit et il faut le dire. L’économie se développe, les entreprises d’ici et d’ailleurs s’implantent. On a des belles forces et on sait les mettre en valeur. Et dans un contexte économique parfois difficile, le Québectire très bien son épingle du jeu. Et je vais dire quelque chose de très téméraire, là, excusez-moi de le dire! J’ose croire que les politiques mises de l’avant par notre gouvernement y sont quand même pour quelque chose. Après tout, lorsqu’on équilibre le budget, lorsque, pour la première fois, on diminue la dette du Québec, lorsqu’on investit en éducation, en innovation, en technologie, en manufacturier, de cette façon, on crée des conditions et le terreau pour développer l’économie. À ça s’ajoute, maintenant, l’accord de libre-échange avec l’Europe, qui va permettre aux entreprises des deux côtés de la frontière de partager leurs chaines de valeurs.

So I want us to look ahead to focus – focus is the right word, Mister Enders – focus on our common goal. Mister Enders, here, in Québec, you will find the most important resource of all: the talented workforce, a place where creativity is booming, where high learning institutions are at the heart of Montréal’s development, a diverse talented and vibrant community. We want Airbus to discover all that Québec and Montréal can offer to world. You will find here, even before you buy a house, a place that you will call home.

[Alors, j’aimerais que nous regardions vers l’avant pour nous concentrer – concentrer est le verbe approprié, Monsieur Enders – pour nous concentrer sur notre objectif commun. Monsieur Enders, au Québec, vous trouverez la plus importante des ressources : une main-d’œuvre pleine de talent, un endroit où la créativité foisonne, où les institutions d’enseignement supérieur forment le cœur de l’agglomération montréalaise ainsi qu’une communauté diversifiée, vibrante et talentueuse. Nous voulons qu’Airbus découvre tout ce que le Québec et Montréal ont à offrir au monde entier. Vous trouverez ici, avant même d’avoir acheté votre maison, un endroit où vous vous sentirez chez vous.]

Bienvenue au Québec, Monsieur Enders.

(Applaudissements)



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